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HISTOIRE DE LA MISSION DE SINDARA

(Histoire du sanctuaire marial)

Sindara un ancien marché aux esclaves. Jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1848, Sindara a été, à l’instar de Goré au Sénégal (http://webworld.unesco.org/goree/fr/index.shtml) et d’autres places africaines, une place tournante de la traite négrière. 

C’est sur ce site que des africains amenaient des africains d’autres ethnies, pour les revendre sur la côte gabonaise avant qu’ils ne fassent le voyage sans retour vers les Amériques.

Sindara a été un important carrefour des migrations, carrefour de la piste des caravanes vers Lastourville et de la piste du sel vers Mayoumba et le Fernan Vaz. 

Sindara ancienne mission catholique

C’est en 1899, alors que les premiers missionnaires de la Congrégation du Saint Esprit (www.spiritains.qc.ca/) cherchent à créer à l’intérieur du pays une maison de repos à proximité du principal fleuve l’Ogoué, qu’une révolte leur barra la route et les obligea à remonter un affluent, la Ngounié, pour finalement s’installer sur le plateau de Sindara. Ils y créèrent une maison de convalescence pour les religieux ainsi qu’un sanctuaire marial jumelé à celui d’Ammerschwihr en Alsace dont l’évêque était originaire (voir page "sanctuaire").  

En 1904 Monseigneur ADAM appelle « Nouvelle Alsace » les trois missions de MANDJI, MOUILA et SINDARA, en reconnaissance pour la générosité alsacienne.

La grande chute de Fougamou, à proximité du site de Sindara porte le nom espagnol de l'impératrice Eugénie de Montidjo, épouse de Napoléon III.

La révolution espagnole de 1936 eut des répercussions à Sindara. Au cours de cette révolution en Espagne, plus de 6800 personnes furent fusillées par les républicains. Or, les religieuses de Castres, missionnaires au Gabon, avaient des maisons en Espagne. La supérieure générale, Sœur Sylvie Azaïs se promit de construire une maison de formation en mission si aucune de celles dont elle avait la charge n'était tuée. Aucune religieuse de Castres ne fut tuée. Elle fit donc un don de briques qui servit à construire l'une des plus belles bâtisses du Gabon sur le site de Sindara.
Sindara devint une mission prospère économiquement, un séminaire s’y ouvrit, un noviciat et une école avec internat. De nombreuses élites en sortirent.



Sindara et les guerres franco-allemandes.

1899 – L’implantation d'un poste militaire fut décidée à Ndjolé par l'administrateur De la Motte à cause de la situation trouble à Samba, non loin de Sindara. Une expédition punitive, sous la direction du sergent Lalanne devait réduire l’insoumission des fangs (essindar). Les pères Boutin et Walker refusèrent de recevoir les tirailleurs qui installèrent leur poste sur l'emplacement du village brûlé. Les rapports partaient désormais du village des Essindars (Sindara). Le sergent Lalanne fut tué par un tirailleur le 8 décembre 1899. Il est enterré à Sindara.

1915 - Pour cause de guerre mondiale, le site de Sindara fut fermé et ne put réouvrir qu'en 1928. Le poste militaire était devenu «subdivision » de Sindara.

1940 - Fin septembre, il y eut à Sindara le premier combat terrestre de la «France Libre». La colonne du capitaine de Boissoudy, 90 soldats, sous les ordres du commandant Parant, venant de Mayumba, rencontra une forte résistance de 70 tirailleurs du régime de Vichy venus de Lambaréné, sous les ordres du lieutenant Puny. L'engagement dura une matinée avec une dizaine de morts dont le lieutenant Puny. Les corps sont enterrés à Sindara. Cette bataille permettra aux gaullistes de marcher sur Lambaréné.

Dans le tome Il de ses mémoires, De Gaulle parle de Sindara.

 

Après des années de prospérité de la mission, le développement des villes telles que Libreville et des revenus pétroliers, Sindara fut peu à peu abandonnée en 1979. En l'absence d'hommes vigilants qui assurent un entretien technique puissant, l'arbre et les plantes sauvages ont tôt fait de défaire ce que les hommes ont fait.

C’est en 1999, qu’un prêtre missionnaire, ayant connu Sindara à son apogée a fait appel à l’Institut Edith Stein (www.edithstein.fr) pour tenter de donner un second souffle à ce lieu et sauver ce patrimoine historique et culturel africain.

Les premiers volontaires européens de l’Institut Edith STEIN sont arrivés en octobre 1999 à Sindara sur un site quasiment abandonné depuis 20 ans.